En 2007, le premier semestre sera celui de l’élection présidentielle et des élections législatives, deux échéances considérables.
De part le rôle que la constitution lui donne, de par les actions qu’il peut impulser comme de par l’influence qu’il exerce cette importance est évidente pour le président. Mais l’élection des députés qui se fera dans « la foulée », elle aussi, est importante. De 1997 à 2002, bien que CHIRAC ait maintenu à l’Elysée la présence active de la droite, Marie George BUFFET , appuyée par une majorité de députés de gauche a ouvert d’autres pistes pour la politique sportive du pays :
essayer de donner aux grands évènements des racines populaires comme avec le mondial 98 de foot ; grâce aux coupons-sports favoriser l’accès des plus démunis, sports et entreprises, sport et femmes, lutte contre le dopage… . Pourtant les obstacles et difficultés n’étaient pas minces : maelström de la mondialisation ; Bruxelles faisant de la concurrence son unique credo ; estimation notoirement insuffisante du premier ministre L. JOSPIN. Cinq ans plus tard le souvenir de cette ministre demeure vivace très au delà du seul mouvement sportif.
La classe politique n’est pas avare de propos, de déclarations traitant du sport. Assez souvent elle utilise les évènements, les résultats, cela étant systématique lorsque la médiatisation est importante, pour justifier ses choix politiques et se mettre en valeur.
Dans une perspective démocratique la période électorale déjà ouverte doit être mise à profit pour interpeller les candidats, pour demander à ceux qui sollicitent les suffrages quelle est leur visée, quels sont leurs projets. En ayant la préoccupation de confronter les propos de campagne, les engagements pour 2007-2012 avec ce qu’ont été les pratiques passées, les comportements et décisions. Il serait trop facile de s’exonérer d’hier, en feignant de n’être préoccupé que par demain.
Le parti communiste français entend s’impliquer totalement dans cette procédure, débattre largement de la situation, des analyses qui sont les siennes, des propositions qu’il avance.
Des transformations conduites par le capitalisme
Hier poussé par les besoins d’éducation, de loisirs, de progrès, les activités physiques et sportives ont peu à peu, mais de plus en plus rapidement, basculé vers un développement où ces besoins sont pilotés par les forces sociales et économiques qui ne les conçoivent qu’à des fins marchandes.
La principale caractéristique, depuis environ 25 ans, est la constitution d’un puissant secteur économique (29 milliards d’euros en France en 2005). Avec les mêmes conséquences que dans les autres champs de la société.
Après un développement considérable, les pratiques, ces dernières années, marquent une stagnation, voire quelques reculs ; ce qui n’est pas étonnant dans une société d’inégalités, de ségrégation sociale accrues. De plus en plus les contraintes économiques et sociales font du droit au sport un droit théorique. La solvabilité est le critère déterminant. L’unité qui fédérait les pratiques, les institutions sportives, vole en éclats. La haute performance, à l’exemple de ce que réalise en ce moment le groupe LAGARDERE est accaparée par les groupes monopolistiques, elle est utilisée comme modèle unique à copier. L’accentuation des écarts économiques entre disciplines crée des débauches d’argent pour quelques uns ; pénurie voire misère pour d’autres. Les objectifs n’étant plus l’éducation, le progrès pour chacun, la solidarité, il était inéluctable que tricheries violences et chauvinismes se développent. Ainsi que l’usage dévoyé des progrès, notamment scientifiques. Le pouvoir s’est transféré à ceux qui paient. Tout doit concourir à la rentabilité. Y compris en modifiant les règles et conditions d’organisation, comme ce qui va se passer à Pékin en 2008 contre l’avis des sportifs et de leur encadrement . La télé américaine commande et le conseil d’administration aux ordres qu’est devenu le CIO obtempère ! Les grands médias, particulièrement la télévision, n’assurent plus de rôle d’information, et encore moins d’éducation(football, tennis, cyclisme, rugby représentant 60% du temps sportif des chaînes non cryptées). L’audimat, le lectorat sont les pilotes exclusifs.
L’école, qui devrait être pour chaque enfant le socle de l’acquisition et de la maîtrise de sa motricité est le lieu des pis-allers, de véritables abandons. Le sport scolaire, trait d’union entre l’école et la société s’étiole, en dépit du travail de ses animateurs.
Le gouvernement ; SARKOZY, LAMOUR, acteurs de cette marchandisation
Depuis 2002 ils ont été prodigues de grandes déclarations de principes la main sur le cœur ; et même d’initiatives. Etats généraux en décembre 2002, convention de l’UMP au printemps 2006 finalisée dans un opuscule titré « Oser le sport ». L’agitation, le bruit, l’arpentage des estrades voilà coté cour. Il convient de dissiper le rideau tiré pour masquer les actes bien réels. Un rideau favorisé par la candeur, la naïveté de la plus grande partie d’un mouvement sportif qui est le premier espace citoyen du pays avec 175000 association, 2 millions de bénévoles, des gisements de dévouement et de compétence ; un rideau tiré aussi avec l’aide d’une partie, souvent la plus élevée dans la hiérarchie institutionnelle de ce mouvement sportif.
Deux antiennes servent d’alibis.
L’extérieur ; selon les opportunités la mondialisation ou Bruxelles comme lors de la cotation en Bourse ; ne donnerait plus de latitudes, de marges de manœuvre. Il faut s’adapter à ce qui est inéluctable.
L’autre, dernière trouvaille pour bien enfoncer le clou est l’utilisation jusqu’à plus soif du concept « d’égalité des chances ».
Foin des inégalités, sociales et territoriales , accès au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, aux sport… tout résiderait dans le fait que l’individu aurait, ou non, de la chance.
Comme aux plus tristes périodes de l’Histoire l’idéologie de la fatalité et son corollaire du changement impossible et donc de l’inutilité des luttes est martelée, assénée comme une vérité révélée.
Avec les mesures affaiblissant la fonction d’intérêt général de l’Etat on est aux antipodes de l’égalité.
2002/2007 est la période du détricotage des avancées obtenues précédemment par la conjugaison des luttes et des décisions politiques. L’ Education physique est sortie du socle des fondamentaux par la réforme FILLON (2005) bien que l’UMP considère que nous serions le pays d’Europe où elle occupe le moins de place… au prétexte qu’elle ne serait ni une compétence, ni une connaissance… mais…une école de la vie ! Pas surprenant alors que DE ROBIEN veuille modifier les conditions de travail des enseignants d’EPS.
Les modifications introduites par Marie-George BUFFET dans la loi de 1984 sont progressivement gommées, à l’initiative de LAMOUR ou de certains de ses amis parlementaires : les adhérents n’ont plus à voter lors des assemblées ou congrès des Fédérations, le secteur professionnel lorsqu’il existe est progressivement dégagé de la tutelle fédérale, il prend un poids accru dans le fonctionnement de celle ci, les entreprises intervenant dans le sport peuvent intégrer les directions des fédérations (2003).Des mesures très favorables aux secteurs professionnels, ainsi de l’exonération des charges sociales sur les droits à l’image (15millions € pour 2007), et de la suppression du 1% pour la formation professionnelle (2004) ont été instaurées. Ajoutons la transformation du FNDS en CNDS, annonciateur de nouveaux transferts sur les collectivités territoriales, et enfin, dernièrement l’autorisation de la cotation en Bourse.
Pour compléter le tableau il faut indiquer la quasi inexistence budgétaire(les pratiquants ainsi que les collectivités territoriales assurant près de 80% du financement du sport), 1000 emplois disparus dans ce petit ministère . Son administration territoriale n’est pas présente dans les réformes de l’Etat, forte indication d’une disparition programmée. Véritable marginalisation du Conseil National des APS.
Il doit être affirmé que la politique de ce gouvernement a suivi deux voies s’épaulant l’une l’autre ;
Laisser faire le marché, l’encourager souvent et faire du ministère des sports une relique à deux volets : les équipes nationales et la réglementation.
Changer. Pour une alternative réelle, et pas des accommodations
Le pays, ses habitants souffrent trop des promesses pas tenues, des atermoiements, des pseudo solutions, des discours et promesses jamais concrétisés. Peut-être encore plus dans le sport où la pensée unique tient trop souvent d’alibi aux pires politiques.
Nous persistons à revendiquer que l’Homme et la Société ont besoin d’activités physiques et sportives. Mais en affirmant que, comme toute autre activité elles n’ont de vertus en elles mêmes. Produites par l’invention culturelle humaine ce sont les conditions de leurs conceptions, de leurs organisations, de leurs intégrations dans des institutions à finalités éducatives qui rendent possible leurs effets de progrès et d’émancipation. Pouvant permettre l’augmentation des pouvoirs de l’Homme sur la nature et sur lui même, elles peuvent signifier un progrès de la liberté humaine sur la nécessité des choses.
Dans cette actualité d’une offensive capitaliste tous azimuts, le terrain des APS est aussi un lieu de contradictions et d’actions. Beaucoup d’acteurs sont mobilisés et ne désarment pas.
Nos idées et propositions portent sur la lutte contre les inégalités, les exclusions ; le combat contre l’emprise de l’argent ; l’intervention citoyenne.
L’école doit jouer le premier rôle. Elle rassemble la quasi totalité des enfants et des jeunes à un moment préférentiel d’acquisitions des connaissances, savoirs et habitudes. Elle peut être un chaînon décisif pour la parité Filles-Garçons. Comme avait commencé à le planifier le Front Populaire nous proposons qu’il y ait une heure journalière pour l’ensemble du bloc primaire (enseignements préscolaire et élémentaire). La maîtrise du milieu aquatique devrait être acquise à l’entrée en 6ème). Cinq heures hebdomadaires pour l’enseignement secondaire Développement à l’Université, et systématisation de cursus sportifs validés.
Ces enseignements devraient être assurés par des enseignants qualifiés. Leur formation et rémunération ainsi que les programmes relevant du ministère de l’Education nationale. Une réflexion devrait être initiée pour assurer les transitions là où actuellement des intervenants extérieurs sont en place. Comme doit être reprise avec la volonté d’aboutir la démarche pour constituer un grand service public de formation des intervenants, aujourd’hui dispersés dans des structures concurrentes des différends ministères.
Afin de réduire les inégalités, des moyens d’Etat doivent restaurés. ( financiers, matériels, personnels pédagogique et d’animation sur le terrain).
Les activités physiques et sportives sont les grandes oubliées des lois de décentralisation, de la loi d’orientation des lois de finances (LOLF), comme de la réforme de l’administration territoriale de l’Etat. Nous proposons qu’après une véritable participation-négociation un nouveau texte fixe les droits responsabilités et moyens financiers de chacun des niveaux de l’Etat ( Etat, Région, Département, Commune, Communautés de divers types).
Les équipements sportifs existants, construits quasiment par les seules collectivités territoriales il y a maintenant quelques années et décennies ont besoin d’être rénovés, adaptés, quelques fois transformés pour répondre à la demande. Ils en faux beaucoup d’autres. Une loi-programme devrait être adoptée par le futur parlement, financée pour majoritairement par l’Etat qui détient l’essentiel des ressources fiscales.
La loi de juillet 1984 est maintenant ancienne ;d’où des ajouts, et de très nombreuses modifications . Un nouveau texte pourrait être élaboré. Avec l’obligation de déterminer les rapports entre l’Etat, ses différents niveaux d’organisation et le système associatif, structure de droit privé assumant des missions d’intérêt public. Comme il serait utile également pour celui ci de déterminer ce qui relève du lucratif et ce qui n’en relève pas. En intégrant toutes les conséquences.
Compte tenu de ce que représente les activités physiques et sportives dans la société, aujourd’hui, et plus encore demain, nous pensons qu’à terme rapide 1% du PIB devrait y être consacré, ce qui implique déjà une première mesure immédiate, le doublement du budget d’Etat pour le sport, hors crédits extra-bugétaires ou similaires tel le CNDS.
Nous souhaitons que nos propositions provoquent et alimentent un large débat.
Le mouvement sportif, dans sa diversité, est désorienté par la tournure des choses provoquée par la mercantilisation effrénée de la situation. Certains expriment désappointement, quelquefois découragement, mais le plus grand nombre recherche des réponses neuves. A tous nous disons qu’il est indispensable et aussi possible de faire autrement. A ceux ci, mais aussi aux autres, les oubliés, les négligés nous proposons qu’une initiative à l’échelle du pays tout entier, menée jusqu’à la mi-2008 traduise aspirations objectifs et propositions
Par la commission Sport
Parti Communiste Français en date du 9 janvier 2007
http://www.pcf.fr/spip.php?article1160